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STRATEGIES POUR LA PROMOTION DU GENRE
Les stratégies développées au niveau national
L'analyse Genre remet ainsi en cause les méthodologies habituelles de recherche dans tous les domaines. Elle suppose une recherche à tous les niveaux : rôles et statuts de la femme par rapport à ceux des hommes. Auparavant, les activités économiques des femmes étaient marginalisées mais aujourd'hui, leurs contributions économiques au budget de la famille commencent à être considérables. Cependant l’homme continue à pérenniser l'image selon laquelle, il est le « soutien économique exclusif de la famille ». Par ailleurs, dans beaucoup de projets de développement, les femmes ont prouvé leur capacité de mobilisation même s'il arrive parfois des conflits internes au sein des groupements dus aux problèmes de leadership. A cela, s'ajoute la multiplicité des organismes de développement qui s'adressent tous aux femmes mais avec des démarches différentes voire contradictoires. Il s’y ajoute que les hommes considérés comme chefs de ménage et connaissant le plus souvent le processus de soumission des micro- projets ou réalisations, accèdent plus facilement au crédit que les femmes. L'accès au crédit étant très difficile, les femmes créent des tontines pour obtenir un fonds de départ dans le cadre de leurs activités. Elles s'autofinancent ou bien donnent un apport initial. Par ailleurs, même si beaucoup de projets et programmes de développement ont contribué à l'allégement des travaux domestiques et participé à la formation et à l'encadrement des femmes, il existe toujours des disparités entre hommes et femmes. Au niveau national, des politiques et stratégies de promotion du genre sont menées, il s’agit entre autre : -d’un projet de loi, sur l’autorité parentale en remplacement de la puissance paternelle qui est en phase de finalisation ; -l’accès des femmes à la prise de décision : abrogation des lois discriminatoires dans la législation sénégalaise et adoption de nouvelles lois en faveur des femmes ; -le renforcement des capacités des familles et des autorités pour une éducation non discriminatoire : des actions sont menées par les Institutions, les Associations et ONG sur la suppression des stéréotypes sexistes dans l’éducation ; ce qui a donné d’assez bons résultats; -la réduction de l’écart entre les filles et les garçons à tous les niveaux du système éducatif : les taux de scolarisation des filles ont progressé à tous les niveaux ; -l’égal accès des femmes et des hommes aux facteurs et moyens de production : de nombreuses initiatives sont menées même s’il reste beaucoup à faire; -au niveau de la santé : mise en place de centres conseils pour adolescents et adolescentes. C’est dans ce cadre, que PAPIL compte à travers la concertation et le dialogue participer à la définition d’une stratégie pour une prise en compte des aspects genre dans ses zones d’intervention. Les objectifs recherchés sont de : •trouver des alternatives permettant de diminuer la charge quotidienne des femmes afin qu’elles puissent participer aux actions de développement ; •faciliter l’accès des femmes aux ressources (accès à la terre, aux ressources forestière, à l’eau, etc.) et aux technologies appropriées (nouvelles technologies, pompes manuelles, séchage solaire, techniques culturales adaptées, etc.) ; •renforcer les capacités des femmes par l’organisation de sessions de formation, de sensibilisation sur des thèmes identifiés et de cours d’alphabétisation fonctionnelle. Ce travail se fera au niveau des trois régions d’intervention du PAPIL en rapport avec les acteurs concernés (autorités administratives, conseil rural, organisations de producteurs, organisations communautaires de base, etc.) sur la base d’une démarche participative. Promotion du genre dans les activités du projet Au vu de toutes les contraintes liées à la prise en compte des aspects liés au Genre, le PAPIL va, dans le cadre de son volet renforcement des capacités, participer à la promotion féminine et des groupes vulnérables par l’amélioration de leur condition de vie et l’appui à la formation dans les diverses activités qu’ils mènent. Cette stratégie s’inspirera des expériences menées au niveau national en tenant compte des besoins spécifiques de chaque zone. A cet effet, les programmes de formation en direction de ces groupes permettront d’améliorer non seulement leur niveau de vie mais aussi leur situation. Ceci devra leur permettre de bénéficier des innovations, perfectionner leurs techniques de production, renforcer leur capacité à répondre aux opportunités du marché, augmenter leurs revenus, améliorer leur santé et celle de leur famille, gérer leurs ressources et renforcer leur participation aux prises de décisions. En plus de la formation, le projet pourrait appuyer les groupements de femmes et de jeunes par des actions spécifiques telle que l’introduction de technologies appropriées adaptées au milieu et peu coûteuses. Nous avons l’exemple des foyers améliorés qui permettent de conserver l’énergie en diminuant l’utilisation du bois de chauffe et en assurant à la femme de meilleures conditions de préparation (pas de dégagement de fumée). En outre, l’introduction des unités de transformation (moulins à mil) dans des zones comme Kolda permettra d’alléger la tâche de la femme afin qu’elle puisse participer pleinement aux activités de développement. En plus, la mise en place d’unités de conservation des fruits et légumes (séchoir solaire) permettra d’éviter les importantes pertes concernant surtout les fruits tirés de la forêt Les axes de la stratégie La première étape de la prise en compte des questions liées au Genre concerne le diagnostic participatif qui sera mené au niveau des différentes communautés rurales cibles du projet. Une évaluation de la contribution économique spécifique des femmes, des jeunes et groupes vulnérables et leur implication dans le développement de leur terroir de même qu’une analyse socio-économique de leur participation sera faite. L’analyse des activités de production et de reproduction durant cette première collecte de données devrait nous permettre de dégager les recommandations favorisant leur pleine intégration dans les actions communautaires et le programme de formation, de sensibilisation et d’animation. -Accès à la terre Selon la loi 64 -46 sur le domaine national au Sénégal, les femmes ont droit à la propriété foncière au même titre que les hommes. Toujours, selon le droit foncier traditionnel, tout habitant d’un village qui fait la demande auprès du chef de village, peut recevoir une parcelle de terre. Cependant, malgré cette loi, l'accès à la terre constitue un problème pour les femmes. La terre est un patrimoine collectif, elle est gérée par le chef de famille qui attribue les parcelles aux chefs de ménage. Les femmes sont propriétaires de terre à de rares exceptions, elles jouissent d'un droit d'usage de parcelle octroyée par le mari. Au niveau des villages, on se rend compte que les femmes n’accèdent ni à la propriété ni à la gestion foncière. Au niveau des conseils ruraux, la majorité des demandes émanent des hommes, les femmes font cette demande très rarement. Cela est dû souvent au système traditionnel en vigueur (le pouvoir d’attribuer des parcelles aux femmes revient aux hommes), au manque d'informations sur les procédures à suivre et à une méconnaissance de leur droit. La résultante de cette situation est que les femmes exploitent de faibles superficies. Or dans les différentes zones d’intervention du projet, les études ont montré qu’il y’a une réelle disponibilité de terres qui pourraient être aménagées au profit de toutes les couches sociales. Au niveau du projet, la prise en compte de cet aspect demeure fondamentale si l’on veut que les femmes et les jeunes bénéficient aussi des retombées des aménagements. Dans la zone de Médina Namo, une grande partie des terres de bas fond sont héritées ou défrichées (pour 54 % de ceux qui en possèdent) selon les données de l’enquête socio économique menée en 2002. Ce qui indique une certaine disponibilité de ce type de terres qui sont souvent exploitées par des femmes. L’étude révèle par ailleurs qu’avec les aménagements, il risque d’y avoir une forte demande provenant non seulement des hommes des villages concernés, mais probablement des populations de Kolda également. Il faut noter que pour les femmes, le risque qu’elles soient obligées de partager des terres qu’elles ont jusqu’à présent presque exclusivement exploité est réel. Il ressort que les principales activités économiques des femmes sont menées autour de ces vallées, il s’agira donc en même temps de réfléchir avec elles sur l’élaboration d’un programme de renforcement des activités qu’elles y mènent. En outre, vu que les aménagements amèneront une restructuration foncière qui aura des conséquences diverses ; il faudra penser déjà à un partage des terres, permettant aux femmes de reconduire leurs activités qui sont la riziculture en hivernage, le maraîchage sur le lit du fleuve (saison sèche) ou les berges du fleuve (hivernage). Dans la zone de Vélingara Pakane, le PAPIL jouera un rôle d’appui conseil auprès des conseils ruraux en vue de faciliter l’accès des femmes et des jeunes aux terres aménagées. Car, l’étude a montré que les aménagements hydro agricoles vont conduire à l’inondation de la majorité des parcelles de maraîchage exploitées actuellement par les femmes. -Accès aux financements (crédit, subvention ….) Il a été constaté dans la majorité des zones d’intervention du projet que les femmes ont de maigres ressources tirées du commerce de détail ; les recettes tirées des productions forestières ou agricoles sont faibles et elles n’ont pas souvent de biens propres. Pour palier à cela, le projet compte s’appuyer sur les Structures Financières Décentralisées pour accompagner les femmes et les jeunes pour leur faciliter l’accès au crédit leur permettant ainsi de mener des activités génératrices de revenu. Durant la phase de priorisation des besoins selon le Genre, l’accent sera mis sur le financement d’activités spécifiques en faveur des femmes et des couches défavorisées pour les inciter à développer un esprit entrepreuneurial. Toutefois, en plus de ces axes stratégiques, des moyens devront être mis en œuvre pour alléger les travaux des femmes et les libérer de certaines contraintes de taille. Il s’agit de : -Accès à l’eau La majorité des femmes dans la zone ciblée par le projet, s’approvisionnent en eau à partir de puits traditionnels existants dans leurs villages. En outre, il a été constaté un manque d’eau pendant les mois de mars, avril et mai. Ce qui se traduit par de longues heures d’attentes au niveau de certains puits en plus de la forte turbidité des eaux qui peuvent occasionner des problèmes de santé (diarrhée, maux de ventre, etc.). -Accès aux infrastructures socio de base Dans la plupart des villages, il a été constaté que les femmes et les groupes vulnérables n’ont pas suffisamment accès aux infrastructures socio de base. Cela est du en grande partie à l’insuffisance certes de ces infrastructures mais au manque de ressources financières pour l’achat de médicaments ou pour la prise en charge des frais de consultation. En outre, l’absence de marchés, dispensaires, etc. peut alourdir grandement la charge de travail des femmes ; ce qui peut avoir des effets négatifs sur le déroulement de leurs activités de production. Le projet pourrait s’atteler pour une prise en compte des préoccupations des femmes et groupes vulnérables et leur pleine intégration dans les activités ; mettre l’accent (dans le cadre du FDL) dans le fonçage de puits hydrauliques, la mise en place de pompes manuelles, la réalisation de cases de santé et ou de dispensaires etc. La mise en place d’équipements et d’infrastructures de base à la demande des populations permettra de réduire le déficit constaté et soulagera cette frange sociale de la population. -Accès aux instances de décision Dans la zone d’intervention du projet et en particulier dans la région de Kolda dans les localités situées autour des vallées de Médina Namo et Vélingara Pakane ; les Peuls et Mandingues constituent des communautés patriarcales où le pouvoir de l’homme domine tant au point de vue social que politique. La prise de décision en ce qui concerne toutes les affaires politiques et économiques du village se fait au niveau des hommes. Ce sont eux qui prennent la parole lors des réunions villageoises, selon l’ordre de la hiérarchie du village ; les femmes sont souvent représentées par un homme qui parle à leur nom ; les jeunes étant plus ou moins exclus des centres de décision. Cependant, les choses évoluent dans certaines communautés où on trouve des femmes leaders dans des organisations de base ou qui sont conseillères rurales ; les jeunes accédant petit à petit à des postes de responsabilités ( exemple président de communauté rurale). Le PAPIL va s’appuyer sur l’existant en essayant d’améliorer la position sociale des femmes et des jeunes. Par le biais des personnes influentes du village (chef de village, notables, chefs religieux, leaders d’opinion etc.) des concertations seront menées pour l’implication des femmes et des jeunes dans les structures villageoises. Le projet va s’atteler à ce que les femmes, les jeunes et autres groupes vulnérables en plus de la sphère familiale et des groupements de promotion évoluent dans les grandes instances communautaires. Par ailleurs, le projet contribuera à l’augmentation de leur pouvoir économique en mettant en place des mécanismes leur favorisant l’accès à la formation et au crédit. Méthodologie La stratégie de promotion du Genre sera basée sur une approche participative qui impliquera tout au long du processus l’ensemble des acteurs des collectivités locales partenaires du projet. -Diagnostic participatif La collecte sera faite à partir d’interviews par Genre (homme et femme) dans les villages. L’échantillon va concerner l’ensemble des femmes et des groupes vulnérables quelque soient leur position sociale et leur niveau de responsabilité au sein de la communauté. Un certain nombre d’outils tels que le calendrier saisonnier (la répartition du travail selon le temps), le diagramme de Venn (le dynamisme organisationnel) et l’interview semi structurée (comportant les sujets suivants : rôle des femmes et des jeunes dans la vie socio-économique et politique du village et les contraintes et perspectives d’amélioration de la condition féminine ; identification et la prise en compte des groupes vulnérables …..etc ) seront administrés sur le terrain. -Planification participative La planification participative sera menée au niveau de la communauté rurale avec l’implication de tous les acteurs. Les indicateurs qui seront dégagés durant la planification va tenir compte de la situation spécifique des groupes cibles et des groupes vulnérable. Toutes les activités qui seront planifiées devront être identifiées durant la collecte des données et retenues comme besoins prioritaires par les populations locales. -Mise en place des instances locales La mise en place des instances locales sera précédée d’une bonne sensibilisation des acteurs locaux sur la nécessité d’intégrer l’approche Genre dans leur démarche. La méthodologie qui sera adoptée sera basée sur la concertation et le dialogue entre les différents acteurs. Les femmes et les jeunes répondant aux critères d’éligibilité et ayant les compétences requises seront intégrés au niveau de toutes les instances qui seront mises en place dans le cadre de ce projet. Par ailleurs, dans des zones (communautés rurales ou villages) où les femmes et les jeunes sont peu présents dans les instances de décision centrales, une discrimination positive sera appliquée à leur l’égard pour mieux les impliquer dans le processus de développement de leur zone. -Renforcement des capacités Les programmes de formation qui seront développés par le projet vont répondre aux besoins des femmes, des jeunes et autres groupes vulnérables, en leur offrant l’accès à des qualifications leurs permettant d’accroître leur productivité et leurs revenus. Ces formations leur permettront de comprendre les différentes opportunités qui s’offrent à elles et de développer des stratégies de mise en valeur de ces atouts. Pour que la formation ait le maximum d’impact, il est particulièrement important que le contenu du programme, le temps, la durée et le lieu de formation soient adaptés à leurs différentes contraintes et responsabilités. Déjà, les femmes des zones ciblées ont un atout car étant très organisées. La formation va s’appuyer sur ces différents groupements existants pour toucher les cibles identifiées. Les groupes vulnérables non organisés seront structurés et formés -Sensibilisation et animation autour de la question du Genre et de la lutte contre la pauvreté Dans le cadre de ce projet, des orientations seront données pour une meilleure intégration des femmes, des jeunes et autres groupes vulnérables dans les activités du projet. Leurs préoccupations seront prises en compte dans la mesure où ils sont les plus touchés par la pauvreté. A cet effet, des séances d’animation et de sensibilisation seront organisées avec ces cibles pour qu’ils connaissent d’avantage leur rôle et responsabilité dans le projet. Ces réunions de proximité permettront aux uns et aux autres de dégager des mécanismes permettant de mener des activités génératrices de revenu. |
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