Grande Offensive Agricole pour la Nourriture et l’Abondance (GOANA-PAPIL),
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Enclavement de Médina Djikoye et alentours : Quand des Sénégalais se sentent plus proches de la Gambie

LE SOLEIL



Les populations de Médina Djikoye et des villages environnants (communauté rurale de Keur Samba Guèye, département de Foundiougne, région de Fatick) sont confrontées à l’enclavement de leur terroir, surtout en période d’hivernage, car, une fois la vallée large de 200 mètres est inondée d’eau, tout mouvement des populations devient impossible durant des mois.
Le calvaire des villages frontaliers de la Gambie va bientôt devenir un mauvais souvenir grâce au projet d’appui à la petite irrigation locale (Papil) qui va construire un pont-barrage au niveau de la grande vallée. Aussi une piste latéritique de 15 km reliant Silmang à Médina Djikoye sera réalisé pour véritablement désenclaver cette zone.
Le village de Médina Djikoye est situé dans la communauté de Keur Samba Guèye. Près d’une dizaine de villages situés derrière cette vallée sont frontaliers de la Gambie. Médina Djikoye, un village très éloigné est traversé par une grande vallée longue de 200 mètres environ et peuplée de plantes aquatiques. En période d’hivernage, cette rivière est bondée d’eau. Si les populations de Médina Djikoye peuvent se rendre à l’intérieur du pays, par contre celles des villages situés derrière la rivière sont confrontées à un réel problème de mobilité. Ainsi il est impossible pour ces dernières de traverser. Durant des mois, elles deviennent gambiennes. Selon, Abdoulaye Ndiaye, président de la communauté de Keur Samba Guèye, pour se faire consulter ou se faire soigner ces populations ne peuvent venir à Médina Djikoye où il y a un poste de santé. Elles sont obligées de se rendre dans les structures sanitaires gambiennes. Dans la même lancée, il a fait noter que les produits agricoles comme l’arachide, le mil, le maïs, tout comme les produits maraîchers sont parfois vendus à un vil prix en terre gambienne. « Chaque année, nous demandons des autorisations auprès des autorités gambiennes pour que les camionneurs puissent transiter en territoire gambien avec les produits agricoles de la zone pour les acheminer vers Kaolack », a-t-il fait remarquer. De plus, selon notre interlocuteur, les populations de ces villages situés derrière cette vallée trouvent difficilement le franc Cfa parce qu’elles règlent tous leurs besoins en Gambie avec le Dalassi.
Vivement la construction d’un pont-barrage
Ainsi, ces paisibles vivent aujourd’hui un calvaire. Ce qui fait qu’elles qu’à chaque occasion elle tire la sonnette d’alarme. Cette préoccupation va bientôt devenir un mauvais souvenir. Tout récemment, lors d’une mission de supervision de la Banque africaine de développement ( Bad) conduite par M. Xavier Boulanger sur le site, le coordonnateur national du projet Papil, Amadou Baba Sy, a indiqué que depuis 4 ans, ils travaillent sur Médina Djikoye, ajoutant qu’il est prévu des ancrages importants parce que dans la région de Fatick l’intrusion saline se fait par plusieurs voies à travers la rivière de Médina Djikoye. Selon lui, le projet a prévu, pour freiner l’intrusion saline dans la région de réaliser une grande digue anti-sel sur cette vallée et à un km, il y’aura un radier-pont. Et entre ces deux ouvrages et la route nationale vers Karang, il sera réalisé une piste de 15 km reliant Silmang à Médina Djikoye. « Médina Djikoye est de venu un problème national car de part et d’autre il y a des villages sénégalais. Et il arrive en période d’hivernage qu’il y ait une coupure durant plusieurs mois et certaines populations qui sont riveraines de la Gambie sont obligées de devenir gambiennes par les faits parce qu’elles ne peuvent plus pas venir du côté sénégalais », a soutenu Amadou Baba Sy. Ces dernières continuent ainsi, à commercer, à se soigner en territoire gambien.
Dans le même ordre d’idées, il a fait noter que les productions de part et d’autre sont handicapées parce que les paysans n’arrivent pas à les écouler. « Nous avions prévu d’y réaliser un seul radier mais la solution vers laquelle nous nous acheminons c’est de faire carrément un pont-barrage qui aura deux fonctions : permettre les voitures et les charrettes de circuler en toute saison et aussi une retenue d’eau de manière à ce que nous ayons une lame suffisante pour permettre les cultures en toute saison », a-t-il indiqué.


Oumar Ngatty Bâ
Le Soleil


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