Grande Offensive Agricole pour la Nourriture et l’Abondance (GOANA-PAPIL),
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Caractérisation de la pauvreté dans la zone du projet



Importante au Sénégal, la pauvreté est plus accentuée dans le milieu rural du fait essentiellement de l’insuffisance des infrastructures socio-économiques, d’un taux d’analphabétisation de 46,4 % et d’un manque de planification des activités de production. Dans la zone du projet, sur 158.000 ménages, on estime à 72.000 les ménages pauvres totalisant 738.000 individus vivant en dessous du seuil de pauvreté. La région de Kolda est la région la plus pauvre avec 57,8 %, suivie de celle de Fatick avec 51,2 % et Tambacounda avec 45,6 % (source : rapport d’évaluation du projet ; septembre 2005). De nombreuses localités restent encore difficiles d’accès, voire inaccessibles, notamment en saison des pluies. Les conditions d’accès à l’eau potable sont très délicates. La plupart des villages ne dispose pas de points d’adduction en eau potable (89,5 % à Tambacounda, 91.7 % à Kolda, 46.9 % à Fatick), et s’approvisionne au puits villageois ou parfois au forage. Les infrastructures scolaires et sanitaires sont notoirement insuffisantes.

Dans les régions d’intervention du projet, un certain nombre de critères agissent sur l’acuité de cette pauvreté : l’augmentation de la taille du ménage, le nombre de ménage dirigé par des femmes, l’absence et ou l’insuffisance de revenus et d’accès aux services socio de base.

Fatick : avec un taux de pauvreté de 51,2 %, la région est majoritairement rurale et jeune (plus de 57 % ont 20 ans ou moins). Le niveau d’accès à des services sociaux, comme la santé, l’éducation, l’accès à l’eau potable et à l’assainissement, demeure encore largement insuffisant.

Dans la zone de Médina Djikoye, les populations sont confrontées aux difficultés aussi bien d’accès à l’eau potable, qu’aux soins de santé. La case de santé de Médina Djikoye et le centre de santé de Keur Samba Guèye polarisent les autres villages de la zone dépourvus d’infrastructures sanitaires. Par ailleurs, la proximité de la Gambie où le coût des consultations et des médicaments est le plus accessible explique le flux important des villageois fréquentant les services sanitaires gambiens

Kolda : La région est considérée comme la plus pauvre du pays avec un taux de pauvreté de 57,8 % (moyenne nationale de 32,7 %). Les conditions de vie y sont précaires en raison du niveau d’accès insuffisant aux services sociaux comme la santé, l’éducation, l’accès à l’eau potable, l’assainissement et aux autres infrastructures de base.

Dans la zone de Médina Namo, le taux de couverture est faible en matière d’infrastructures scolaires ; sur le plan sanitaire, seuls un ou deux villages sur les 14 polarisés par la vallée de disposent d’une case de santé et d’/ou d’une maternité rurale.

En ce qui concerne les différentes maladies signalées par les populations, le paludisme constitue la première cause de morbidité dans la région. En outre, des maladies liées à l’eau comme la bilharziose et les parasitoses intestinales ont également été signalées.

Concernant l’accès à l’eau, il a été constaté qu’il n’y a aucun forage dans la zone, les populations ont des puits qui, même s’ils sont fonctionnels, tarissent à certaines périodes de l’année. En effet, 60 % des personnes enquêtées durant l’étude socio économique indiquent que les points d’eau ne sont pas suffisants.

Tambacounda : La région est parmi les plus pauvres du pays et affiche un taux de pauvreté de 45,6 % pour les ménages et de 46 % pour les individus. Dans le département de Kédougou, 80 % des ménages et 89 % des individus vivent au-dessous du seuil de pauvreté. Le niveau d’accès aux services sociaux, comme la santé, l’éducation, l’eau potable et l’assainissement, demeure faible.

Situation socio économique des femmes et groupes vulnérables dans le contexte de pauvreté

Dans la zone du projet, on note une faible participation des femmes au processus de développement ; liée à la surcharge du calendrier de travail et leur non implication dans les actions de formations. Cette situation des femmes s’explique par l’inexistence d’infrastructures leur permettant d’alléger certains travaux domestiques. A ces activités de reproduction (entretien des enfants, pilage du mil, recherche de l’eau, lessive et vaisselle, recherche de bois mort et de feuilles de brousse, construction ou réparation de l’habitat, etc.) s’ajoutent celles liées à l’agriculture et à la foresterie.

Il est constaté que la majorité des femmes n’ont pas été touchées par la mécanisation des exploitations agricoles. Jusqu’à présent, elles n’ont été intégrées que timidement au programme de vulgarisation agricole et à l’accès au crédit agricole.

Par ailleurs, on note dans certaines localités une recrudescence des endémies locales et la malnutrition qui touche de plus en plus les personnes vulnérables (enfants, jeunes, handicapés, personnes déplacées ou réfugiées etc.) ;

Justification de la mise en place d’une stratégie de lutte contre la pauvreté axée sur le genre

La mise en œuvre d’une stratégie de lutte contre la pauvreté axée sur le genre s’explique par le fait que les femmes contribuent à hauteur de 40,8% à l’activité économique du pays. Elles s’activent dans l’agriculture (riziculture, maraîchage, culture pluviale, etc.) dans l’élevage de petits ruminants, dans le petit commerce et la transformation des produits halieutiques et constituent ainsi les principales exploitantes des vallées et bas fonds devant faire l’objet d’aménagement. Or la valorisation de ces terres posera inévitablement des conflits d’intérêts certains avec les producteurs qui tenteront de se positionner pour bénéficier de parcelles aménagées.
Regroupées sous forme d’association d’entre aide ou groupement pour faciliter leurs accès aux moyens de production et aux ressources, les femmes rurales ont besoin d’un appui réel afin de renforcer leur capacité technique, organisationnelle et managériale pour maximiser la rentabilité financière et économique de leurs activités.
Cependant, il s’avère dans la majorité des localités rurales que les femmes rencontrent d’énormes difficultés pour mener des activités génératrices de revenu et accéder aux services sociaux de base. Dans le domaine foncier, elles accèdent aux terres par le biais de leur mari qui leur octroie une parcelle de 0,5 à 1 ha du champ familial. En outre, elles vivent de fortes discriminations quant à l’accès aux ressources naturelles et demeurent les plus touchées par la pauvreté.

Compte tenu des nombreuses difficultés identifiées, malgré l’intervention de multiples partenaires, le PAPIL s’engage à mettre en œuvre une stratégie de promotion du genre qui permettra au terme du projet d’atténuer ces contraintes paralysantes.

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